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La police norvégienne affirme pouvoir tracer les transactions en Monero, une avancée contre la cybercriminalité

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Le Monero, une cryptomonnaie réputée pour son anonymat, est une cible de choix pour les criminels en ligne. Cependant, la police criminelle norvégienne (Kripos) affirme avoir développé une méthode pour remonter les transactions effectuées avec cette monnaie numérique, ouvrant la voie à des arrestations significatives.

Une opération internationale contre la pédocriminalité en ligne

Début juin 2026, une vaste opération coordonnée par Kripos, avec le soutien d’Europol et la participation de sept pays (Norvège, Suède, Suisse, Canada, République tchèque, Pologne et Allemagne), a conduit à l’arrestation de vingt-huit hommes. Âgés de 22 à 54 ans, ces individus sont soupçonnés d’avoir utilisé le Monero pour financer leur accès à des forums dark web proposant du contenu pédopornographique et pédocriminel.

L’opération a également permis de mettre trois enfants en sécurité et de saisir divers objets, notamment des appareils électroniques, des portefeuilles de cryptomonnaies, des stupéfiants et des produits dopants. Europol a précisé que l’un des suspects utilisait l’intelligence artificielle pour générer du contenu illégal. Des enquêtes sont toujours en cours, et d’autres arrestations sont anticipées.

La faille du Monero : une promesse d’anonymat compromise ?

Le Monero est conçu pour brouiller par défaut les informations relatives à l’expéditeur, au destinataire et au montant de chaque transaction, contrastant ainsi avec la transparence du Bitcoin dont le registre est public. Cette caractéristique a favorisé son adoption sur le dark web. Toutefois, Kripos aurait mis au point une méthode capable de retracer certaines transactions en Monero dans des cas spécifiques. Les détails de cette méthode restent secrets, afin de préserver son efficacité.

La pression réglementaire s’intensifie sur le Monero

La capacité de Kripos à tracer les transactions en Monero intervient dans un contexte où les plateformes d’échange de cryptomonnaies subissent une pression accrue de la part des régulateurs. Depuis 2021, des plateformes majeures comme Kraken et Binance ont retiré le Monero de plusieurs de leurs marchés. Le Groupe d’action financière (GAFI) identifie régulièrement les cryptomonnaies axées sur la confidentialité comme présentant des risques élevés en matière de blanchiment d’argent.

En 2020, le gouvernement américain avait même offert une récompense substantielle pour toute personne capable de percer l’anonymat du protocole Monero, sans succès à ce jour. Des actions ont également été menées par les autorités canadiennes, qui ont fermé la plateforme TradeOgre en 2025, saisissant l’équivalent de 56 millions de dollars canadiens.

Cette avancée de la police norvégienne pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la cybercriminalité utilisant des cryptomonnaies anonymes, rendant potentiellement moins sûrs les environnements numériques jusqu’alors considérés comme impénétrables.

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