La Chine, championne incontestée de la peine de mort : un record d’exécutions inquiétant
Le rapport mondial sur la peine de mort, publié par Amnesty International, révèle une tendance alarmante : le nombre d’exécutions a atteint son plus haut niveau depuis 1981. Si l’on exclut la Chine, où les données restent secrètes, le nombre d’exécutions recensées à l’échelle mondiale a connu une augmentation spectaculaire de 20 % en 2023 par rapport à 2022, atteignant au moins 1 153 personnes. Cette hausse significative est principalement attribuée à la reprise des exécutions en Iran et à l’Arabie Saoudite après une période de suspension due à la pandémie de COVID-19.
La Chine, une omerta sur la peine capitale
Amnesty International souligne que les chiffres officiels de la Chine, qui aurait exécuté des milliers de personnes en 2023, ne sont pas inclus dans ces statistiques mondiales. Le pays reste, de loin, le plus grand bourreau au monde, mais le secret entourant ses statistiques rend difficile une évaluation précise de l’ampleur du recours à la peine de mort. La répression exercée par le régime chinois sur toute information relative à la peine capitale contribue à perpétuer cette opacité.
L’Iran et l’Arabie Saoudite, principaux contributeurs à la hausse
En dehors de la Chine, l’Iran et l’Arabie Saoudite sont les principaux pays responsables de l’augmentation du nombre d’exécutions. L’Iran a vu le nombre de ses exécutions doubler en 2023 par rapport à 2022, tandis que l’Arabie Saoudite a presque triplé le sien, passant de 27 à 96 exécutions. Ces chiffres traduisent une volonté politique de réprimer la dissidence et de maintenir l’ordre social par la terreur.
Un recul mondial de l’abolition de la peine de mort
Si certains pays continuent d’abolir la peine de mort, comme le Ghana, le Libéria et la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui ont pris des mesures en ce sens, la tendance globale reste préoccupante. Le rapport d’Amnesty International met en lumière un recul de la peine de mort dans le monde, avec 112 pays ayant aboli la peine de mort en droit ou en pratique, mais la hausse des exécutions dans certains pays clés montre que la lutte pour l’abolition totale est encore loin d’être gagnée.
Les sanctions économiques, une cause majeure des exécutions
Le rapport souligne également que la majorité des exécutions recensées en dehors de la Chine sont liées à des infractions liées à la drogue, notamment en Iran et en Arabie Saoudite. Cette réalité pose la question de l’efficacité de la peine de mort comme moyen de lutte contre le trafic de stupéfiants, et soulève des interrogations sur la justice et l’équité des procédures judiciaires dans ces pays. Le droit international, bien que reconnaissant la souveraineté des États, tend à limiter le recours à la peine capitale, particulièrement pour les infractions non liées à des crimes de sang.









