L’emploi des cadres en France : une reprise attendue en 2026 après deux années de recul
Après une période de ralentissement marquée par une baisse des recrutements en 2023 et 2024, le marché de l’emploi pour les cadres en France pourrait connaître une légère reprise en 2026. Selon les prévisions de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), une augmentation d’environ 4% des embauches est anticipée, ramenant le nombre de recrutements à plus de 300 000. Cette projection, bien que teintée d’optimisme, reste soumise aux aléas d’un contexte géopolitique et économique incertain.
Un marché en mutation
L’année 2025 a vu le nombre de recrutements de cadres diminuer à 294 500, marquant une baisse de 3% par rapport à l’année précédente. Cette tendance baissière s’explique en grande partie par un contexte économique atone et une corrélation forte entre l’emploi des cadres et le niveau d’investissement des entreprises. Les secteurs des services à forte valeur ajoutée, qui représentent une part significative de l’emploi cadre (notamment l’informatique, l’ingénierie, le conseil, la banque et les assurances), ont été particulièrement touchés par cette contraction. Les métiers de l’informatique, en particulier, ont connu une baisse notable de leurs recrutements sur deux ans.
Les jeunes cadres, premières victimes du ralentissement
La crise économique a eu un impact disproportionné sur les jeunes cadres. Les recrutements de profils ayant moins de cinq ans d’expérience ont diminué de 5% en 2025 par rapport à 2024. À l’inverse, les cadres justifiant de six à dix ans d’expérience ont vu leurs recrutements progresser, signe que les entreprises privilégient des profils plus expérimentés dans un environnement incertain. Il est à noter qu’à ce stade, aucun lien de causalité direct n’a pu être établi entre l’essor de l’intelligence artificielle générative et la baisse des taux d’insertion professionnelle des jeunes diplômés, bien que ces derniers soient souvent les plus touchés en période de difficultés économiques.
Un optimisme prudent face aux incertitudes
Malgré ces défis, les prévisions pour 2026 affichent un optimisme prudent. L’Apec estime que les embauches pourraient atteindre 305 800 postes, soit une hausse de 4% par rapport à 2025. Cette projection se base sur une enquête menée avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, un événement dont les répercussions économiques mondiales ne sont pas encore pleinement intégrées. La directrice générale de l’Apec a d’ailleurs souligné la nécessité d’aborder ces prévisions avec prudence, tout en rappelant que des prévisions similaires réalisées précédemment avaient finalement été assez cohérentes avec les résultats observés.
D’autres facteurs pourraient influencer ce rebond, tels que d’éventuels relèvements des taux d’intérêt ou des restrictions budgétaires impactant les dépenses publiques et l’investissement des entreprises. Par ailleurs, une étude de Robert Walters suggère que pour 2026, une augmentation moyenne de 2% pour les cadres restant dans leur entreprise et de 9% pour ceux qui changent d’employeur est envisagée, soulignant que la mobilité reste un levier important pour améliorer sa rémunération dans un marché potentiellement plus concurrentiel pour les talents. Les entreprises devront ainsi redoubler d’efforts pour rester attractives, en misant sur la formation et l’accompagnement pour renforcer l’employabilité de leurs collaborateurs.
En conclusion, si l’embellie est attendue pour l’emploi des cadres en 2026, sa pleine réalisation dépendra de la capacité du marché à naviguer dans un environnement économique et géopolitique complexe.









