Mali : Des attaques coordonnées à Kati et à Bamako font de nombreuses victimes et suscitent l’inquiétude
Bamako, Mali – 28 avril 2026 – Le Mali traverse une crise sécuritaire sans précédent à la suite d’une série d’attaques coordonnées d’une ampleur historique survenues samedi 26 avril 2026. Ces attaques, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et menées en alliance avec la rébellion touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont visé des points stratégiques majeurs, notamment dans la ville de Kati, près de Bamako, et au sein même de la capitale.
Cible principale : Kati, l’épicentre de la violence
La ville de Kati, importante garnison militaire, a été au cœur des offensives. Des sites militaires, ainsi que la résidence du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, ont été lourdement touchés. Selon des sources concordantes, le général Camara aurait perdu la vie lors de ces attaques, probablement à la suite de l’explosion d’une voiture piégée visant sa résidence. Bien que la junte militaire ait initialement indiqué qu’il avait été blessé et était décédé à l’hôpital, sa mort représente un coup dur pour le régime militaire au pouvoir depuis le coup d’État de 2020. Une incertitude plane également sur le sort du général Assimi Goïta, chef de la junte, qui n’a pas été vu en public depuis le début des hostilités, bien que des sources sécuritaires indiquent qu’il aurait pu être « exfiltré » de Kati.
Intensification des attaques contre Bamako
Les attaques ne se sont pas limitées à Kati. Elles ont également visé des infrastructures stratégiques à Bamako, notamment la présidence malienne, le siège du ministère de la Défense et l’aéroport international de la capitale. Ces actions coordonnées visent à déstabiliser le gouvernement et à porter un coup sévère à l’autorité de la junte.
Des chiffres qui pourraient augmenter
Alors que le gouvernement avait initialement fait état de 16 victimes civiles et militaires, des sources locales et les médias évoquent un nombre de victimes potentiellement bien plus élevé, notamment parmi les civils présents à Kati et dans les zones visées de Bamako. Le chiffre d’« au moins 23 morts » circule, et il est probable que ce bilan continue d’évoluer à mesure que la situation se précise et que les services de secours parviennent dans les zones touchées.
Analyse d’une offensive sans précédent
Cette offensive conjointe menée par le JNIM et le FLA marque une escalade significative du conflit malien. L’alliance entre les groupes djihadistes et les mouvements séparatistes touaregs, bien que des alliances ponctuelles aient existé par le passé, semble être coordonnée à une échelle sans précédent depuis le début de la crise en 2012. Le JNIM a explicitement revendiqué la « responsabilité » de ces attaques, soulignant ainsi sa volonté d’exercer une pression maximale sur les autorités militaires.
De plus, le JNIM a adressé un message audacieux à la Russie, annonçant son intention de « neutraliser la partie russe du conflit, en échange de quoi il ne les prendrait pas pour cible ». Cette déclaration fait écho à la présence accrue de mercenaires russes, notamment du groupe Wagner (désormais Africa Corps), qui ont soutenu l’armée malienne, en particulier lors de la reprise de Kidal en novembre 2023. La condamnation de ces attaques par le ministère russe des Affaires étrangères et par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, souligne l’inquiétude internationale face à cette nouvelle évolution de la situation sécuritaire.
Réactions régionales et internationales
La Confédération des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a dénoncé un « complot monstrueux soutenu par les ennemis de la libération du Sahel », y voyant une ingérence étrangère dans les affaires de la région. L’Union européenne a également condamné ces attaques, réaffirmant son engagement en faveur de la paix et de la stabilité au Mali.
Cette situation critique met en évidence la fragilité de la sécurité au Mali et dans la région du Sahel, où les groupes armés semblent gagner en puissance et en coordination, posant des défis majeurs aux gouvernements en place et à la communauté internationale. Les prochains jours seront décisifs pour comprendre l’ampleur réelle des dégâts et les répercussions politiques et militaires de ces événements tragiques.









