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LinkedIn poursuivi en Autriche pour violation du RGPD sur l’accès aux données des visiteurs

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LinkedIn sous le feu des projecteurs : plainte pour violation du RGPD concernant l’accès aux données des visiteurs

L’association Noyb, connue pour ses actions pro-RGPD, a déposé une plainte en Autriche contre LinkedIn. L’organisation dénonce le fait que le réseau social professionnel limite l’accès aux données des visiteurs de profil derrière un paywall, considérant cela comme une violation du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).

Le droit d’accès aux données, un pilier du RGPD

L’article 15 du RGPD garantit à tout citoyen européen le droit d’obtenir une copie gratuite de ses données personnelles traitées par une entreprise. Selon Noyb, LinkedIn collecte et traite les informations relatives aux visiteurs de profils. Bien que ces données soient accessibles aux utilisateurs payants de la version Premium, les utilisateurs gratuits ne peuvent consulter que des silhouettes anonymisées et des intitulés de postes flous. L’association soutient que LinkedIn refuse de fournir ces informations aux utilisateurs gratuits, ce qui constituerait une entrave à l’exercice de leur droit d’accès.

L’argumentaire de Noyb face aux pratiques de LinkedIn

Noyb argumente que si LinkedIn est en mesure de fournir ces informations à ses abonnés Premium, il n’y a aucune raison valable de les refuser aux autres utilisateurs. L’avocat de l’association, Martin Baumann, souligne que cela soulève la question de la conformité de l’offre Premium elle-même. LinkedIn, de son côté, a réfuté ces allégations, affirmant que les utilisateurs gratuits pouvaient également consulter les visiteurs de leur profil. Une affirmation que Noyb juge inexacte, car les informations fournies aux utilisateurs gratuits et payants diffèrent considérablement.

Une affaire aux implications européennes

Cette affaire prend une dimension particulière en France, où LinkedIn compte entre 35 et 37 millions de membres actifs. L’enjeu dépasse le cadre de ce seul réseau social, car Noyb pointe une pratique répandue dans l’industrie numérique : la monétisation des données personnelles via des services premium, tout en restreignant l’accès gratuit aux données brutes. L’association cite des exemples similaires, comme les banques qui factureraient l’accès aux relevés de compte, alors que ces données sont couvertes par le droit d’accès du RGPD.

Si l’autorité de protection des données autrichienne (DSB) donne raison à Noyb, la décision pourrait faire jurisprudence dans toute l’Union européenne. Les plateformes seraient alors contraintes de distinguer clairement les fonctionnalités premium des données brutes accessibles gratuitement. Pour les millions d’utilisateurs français de LinkedIn, cela pourrait signifier la fin du paywall pour consulter la liste des personnes ayant visité leur profil.

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