Royaume-Uni : la rétrocession de l’archipel des Chagos à Maurice suspendue
Le Royaume-Uni a suspendu indéfiniment la rétrocession prévue de l’archipel des Chagos à Maurice. Cette décision fait suite à l’opposition des États-Unis, et notamment de l’ancien président Donald Trump, qui a exprimé des préoccupations quant à l’importance stratégique de la base militaire de Diego Garcia, située sur la plus grande île de l’archipel.
Un différend historique
Le différend concernant l’archipel des Chagos a une longue et complexe histoire. Le Royaume-Uni a détaché l’archipel de Maurice en 1965, trois ans avant l’indépendance de Maurice, pour établir le Territoire britannique de l’océan Indien (BIOT). Ce détachement a entraîné l’expulsion forcée des habitants de l’archipel, les Chagossiens, par le Royaume-Uni, à la demande des États-Unis, pour faire place à la base militaire de Diego Garcia. Ces expulsions, achevées en 1973, ont été qualifiées de crime contre l’humanité.
Des organismes internationaux, dont la Cour internationale de justice (CIJ) en 2019 et l’Assemblée générale des Nations Unies, ont depuis statué que le Royaume-Uni n’avait pas de souveraineté sur les îles Chagos et ont recommandé leur restitution à Maurice. Malgré ces décisions, le Royaume-Uni a initialement retardé sa conformité, affirmant qu’il céderait la souveraineté une fois le territoire n’étant plus requis à des fins de défense.
Un accord contesté
En octobre 2024, un accord a été annoncé où le Royaume-Uni acceptait de céder la souveraineté à Maurice, avec des dispositions pour un bail de 99 ans de la base de Diego Garcia au Royaume-Uni. Cet accord a été présenté comme un moyen de rectifier les torts passés et de sécuriser l’avenir de la base militaire. Cependant, Donald Trump a critiqué publiquement l’accord comme une « grande stupidité » en janvier 2026.
Le gouvernement britannique a déclaré qu’il ne procéderait à l’accord qu’avec le soutien des États-Unis, ce qui a conduit à l’ajournement de la législation visant à restituer les îles. Cette suspension laisse la souveraineté des îles Chagos et l’avenir de la base de Diego Garcia non résolus. Maurice s’est engagée à « ne ménager aucun effort » pour récupérer l’archipel. Les organisations de défense des droits de l’homme ont critiqué l’accord, notant qu’il ne garantit pas le retour des Chagossiens dans leur patrie et n’aborde pas les réparations pour les souffrances causées par leur déplacement forcé. L’affaire met en évidence les tensions persistantes entre les efforts de décolonisation, les injustices historiques et les intérêts stratégiques des puissances mondiales.









