El Niño fait son grand retour : un phénomène qui pourrait intensifier les chaleurs extrêmes
Alors que l’Europe suffoque sous des vagues de chaleur d’une intensité inédite, un autre phénomène climatique majeur se manifeste à l’autre bout du globe : El Niño. Détecté par les satellites d’océanographie, ce perturbateur du climat planétaire pourrait bien aggraver la situation, notamment en ce qui concerne les températures extrêmes que nous connaissons.
Qu’est-ce qu’El Niño ?
El Niño est un phénomène climatique complexe né d’un déséquilibre entre les alizés, ces vents tropicaux qui soufflent d’est en ouest, et la température de surface de l’océan Pacifique équatorial. Lorsque les alizés s’affaiblissent, les eaux chaudes, habituellement poussées vers l’Asie, stagnent dans la partie orientale du Pacifique. Cette accumulation d’eau chaude perturbe les courants océaniques et atmosphériques à l’échelle mondiale, entraînant des conséquences climatiques majeures.
Les répercussions d’El Niño sont vastes et variées, affectant différentes régions du globe de manière distincte. L’Asie du Sud-Est peut connaître des moussons affaiblies, menaçant les récoltes et faisant grimper les prix alimentaires. L’Afrique de l’Est et l’Amérique du Nord sont quant à elles plus exposées aux risques d’inondations. L’Amazonie peut subir de sévères sécheresses, tandis que les coraux australiens sont menacés par le réchauffement des eaux.
Les satellites, sentinelles d’El Niño
Face à l’ampleur et à la complexité du phénomène, la surveillance d’El Niño repose de plus en plus sur des technologies de pointe, notamment les satellites d’océanographie. Ces outils permettent une observation globale et continue des océans, chose impossible avec les méthodes traditionnelles comme les bouées dérivantes ou les navires d’océanographie.
Des missions spatiales clés, telles que Jason-3 (fruit d’une collaboration NASA/CNES), Sentinel-6 (ESA/NASA) et SWOT (NASA/CNES), jouent un rôle déterminant. Grâce à l’altimétrie radar, ils mesurent avec précision la hauteur du niveau de la mer et la température des couches supérieures de l’océan. Ces données précieuses aident à comprendre les interactions entre l’océan et l’atmosphère, et à anticiper l’évolution du phénomène El Niño.
Les récentes données de juin 2026 indiquent une anomalie positive du niveau de la mer d’environ +20 centimètres le long des côtes de l’Équateur et du Pérou. Cette observation est un signal d’alarme, car elle témoigne d’un réchauffement localisé susceptible d’alimenter El Niño.
Un phénomène potentiellement intense et des prévisions encore perfectibles
Les climatologues surveillent de près le phénomène en 2026, car El Niño pourrait s’avérer particulièrement intense. Son pic se situe généralement en fin d’année, mais sa trajectoire reste difficile à prévoir avec certitude.
Bien que les satellites fournissent des données cruciales, la prévision de l’intensité d’El Niño demeure un défi scientifique. Les modèles actuels peinent à reproduire fidèlement toutes les interactions océan-atmosphère. Des recherches, comme le projet CENDA financé par le CNES, visent à améliorer la compréhension des « El Niño côtiers » et à affiner les prévisions pour les pays sud-américains les plus exposés.
Dans un contexte d’urgence climatique, où la fréquence et l’intensité des événements extrêmes pourraient s’accentuer, une meilleure anticipation d’El Niño est plus que jamais nécessaire. L’objectif est de développer un système de prévision opérationnel afin de mieux préparer les populations aux impacts potentiels de ce phénomène climatique majeur.









