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La fin de la gratuité aux bornes de recharge pour voitures électriques

Car driving down a street with buildings and bus stop.

Fin de la gratuité aux bornes de recharge pour voitures électriques : le règne du paiement s’installe

L’époque où recharger sa voiture électrique gratuitement sur le parking d’un supermarché ou d’un restaurant appartient à un passé révolu. De grandes enseignes comme IKEA et Lidl ont déjà mis fin à cette pratique, tandis que Leclerc et Carrefour ont introduit des tarifs, marquant ainsi un tournant dans l’accès à l’énergie pour les véhicules électriques. Cette évolution s’explique principalement par la hausse des coûts de l’électricité, rendant la gratuité économiquement intenable pour les distributeurs et les collectivités locales.

Un avantage qui s’évapore : la fin de la recharge gratuite

Longtemps, la gratuité des bornes de recharge a été un argument de vente et un geste commercial apprécié par les automobilistes. Les enseignes y trouvaient leur compte, l’électricité étant relativement peu coûteuse. Cependant, la flambée des tarifs de l’énergie a inversé la tendance. IKEA, par exemple, via son partenaire IZIVIA, facture désormais la recharge entre 0,35 € et 0,60 € par kilowattheure (kWh), une transition significative par rapport à la gratuité précédemment offerte. Lidl applique des tarifs de 0,29 €/kWh en courant alternatif et 0,39 €/kWh en courant continu. Leclerc a également lancé son offre « Charge E-Lec » en partenariat avec Freshmile, avec des tarifs débutant à 0,25 €/kWh.

Carrefour adopte une approche plus nuancée, conditionnant la gratuité, ou plutôt des avantages, à la possession de sa carte de fidélité payante, la Carte Pass. Depuis le 1er avril, seuls les détenteurs de cette carte, au coût annuel de 20 euros, bénéficient d’une heure de recharge gratuite sur les bornes de 22 kW. La Carte Club, gratuite, offre quant à elle une simple remise de 10 %, signifiant la fin de l’accès libre et libre service. Désormais, il faut s’abonner et calculer la valeur du cagnottage en fonction de ses habitudes d’achat.

Au total, selon des données de Chargemap, il ne resterait qu’environ 6 233 points de recharge encore gratuits en France, souvent dans des magasins indépendants Intermarché et Super U, dont la gratuité reste à la discrétion de chaque établissement.

Les collectivités locales réduisent aussi l’avantage

L’évolution du paysage de la recharge électrique ne se limite pas aux enseignes commerciales. De nombreuses grandes villes françaises ont également revu leur politique de stationnement pour les véhicules électriques. À Lyon, les conducteurs doivent s’acquitter du stationnement depuis juin 2024. À Paris, si les véhicules de moins de 2 000 kg bénéficient encore du stationnement gratuit en surface, les modèles plus lourds, tels que les Tesla Model X ou BMW iX, peuvent se voir facturer jusqu’à 18 euros de l’heure dans les zones centrales.

Cette tendance à la monétisation de la recharge et du stationnement pour les véhicules électriques soulève des questions sur l’accessibilité et l’attractivité de la mobilité électrique, bien que l’on puisse comprendre la nécessité pour les opérateurs de couvrir leurs coûts et de gérer la demande.

Les dérives de l’usage : sanctions pour stationnement prolongé

Face à l’afflux de véhicules électriques et à la saturation potentielle des bornes, certains opérateurs introduisent des frais d’occupation. Chez Electra, par exemple, des pénalités s’appliquent si le véhicule reste branché une fois la batterie chargée à plus de 80 % et que la station est complète. Après cinq minutes de grâce, un tarif de 0,40 euro par minute est appliqué, plafonné à 50 euros. Cette mesure vise à fluidifier le trafic aux bornes et à garantir l’accès aux autres usagers, tout en pénalisant ceux qui occupent indûment l’espace de recharge.

Il est important de noter que cette tendance à la fin de la gratuité semble être une réalité généralisée, avec des exceptions qui se raréfient et concernent souvent des bornes de faible puissance (3 kW) offrant une recharge lente, comme à Montpellier ou Nantes. L’objectif est clair : rentabiliser les infrastructures tout en assurant une rotation efficace des véhicules. L’ère de la recharge « gratuite et illimitée » pour les voitures électriques semble définitivement terminée.

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