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Affaire Olivio Gomes : un policier condamné à 10 ans de prison pour meurtre

group of people in black jacket standing near white concrete building during daytime

La cour d’assises de Paris a rendu ce vendredi 27 mars 2026 un verdict historique en condamnant un policier, dont le nom n’est pas précisé par la cour, à 10 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Olivio Gomes. Ce dernier était décédé en juillet 2022 après avoir été interpellé à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine. Le parquet avait requis une peine de 12 ans à son encontre. L’ancien membre de la force de l’ordre, dont l’identité demeure confidentielle, est accusé d’avoir commis un « meurtre » et non des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, un crime plus grave. La cour a suivi les réquisitions du parquet en reconnaissant le caractère délibéré de l’acte du policier. Les magistrats ont estimé que le fonctionnaire de police avait eu une « volonté de tuer » lorsqu’il a tiré sur Olivio Gomes à travers la vitre du véhicule de ce dernier. La cour a également prononcé une interdiction d’exercer le métier de policier pendant 5 ans.

Olivio Gomes, 25 ans, est mort en juillet 2022 des suites de blessures par balle reçues lors d’un contrôle routier à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Le jeune homme avait refusé d’obtempérer à un ordre de s’arrêter. Les policiers avaient alors engagé une course-poursuite. Le suspect s’est retrouvé acculé dans une impasse. Alors qu’il tentait de faire demi-tour, un policier a tiré à travers la vitre conducteur, touchant Olivio Gomes au thorax. Le passager du véhicule, qui a été légèrement blessé par balle, a été interpellé. Olivio Gomes a succombé à ses blessures quelques heures plus tard à l’hôpital.

Les enquêteurs ont conclu que le policier avait tiré sans que sa vie ou celle de ses collègues ne soit en danger immédiat. Il a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Les familles des forces de l’ordre ont manifesté leur soutien au policier dans cette affaire.

La famille d’Olivio Gomes a salué la décision de la cour, y voyant une reconnaissance de la justice. Me. Samia Moudnib, avocate de la famille, a déclaré : « C’est une victoire pour la justice et pour toutes les victimes de violences policières. C’est aussi un signal fort envoyé à la police. »

Cette condamnation est la première du genre en France, où les affaires de « refus d’obtempérer » se sont multipliées ces dernières années, entraînant souvent des morts et des blessés. Les associations de défense des droits de l’homme dénoncent depuis longtemps un usage excessif de la force par les forces de l’ordre, notamment dans les quartiers populaires. Cette décision de justice pourrait ouvrir la voie à une plus grande responsabilisation des policiers.

Les syndicats de police ont réagi avec inquiétude à cette condamnation, craignant un climat de défiance accrue envers les forces de l’ordre. Ils dénoncent une « criminalisation » de l’action policière et demandent une clarification des règles d’engagement.

La décision est susceptible d’appel.

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